CONFERENCES

Le programme 2019-2020 est constitué. Détails.

Vendredi 14 juin 2019

ONL à 18h30

« L’orgue : mode d’emploi »

Conférence donnée par Claire Delamarche et animation musicale par l’organiste Thomas KIENTZ

Lieu : Grand Auditorium et non l’atrium

Invitation

Cette conférence intitulée : « L’Orgue (celui de l’Auditorium) MODE d’EMPLOI » sera animée par Claire Delamarche. 

Elle aura un caractère exceptionnel avec une animation musicale par l’organiste : Thomas KIENTZ.

 La conférence présentera tout d’abord l’historique prestigieux de l’instrument, du palais du Trocadéro à l’Auditorium, et la palette sonore et stylistique très large qui résulte de cette riche histoire. Tous les secrets de son fonctionnement seront ensuite dévoilés : la création du son – par les quelque 6400 tuyaux – mais aussi le « pilotage » de la console, avec ses multiples tirants et boutons, et l’art de « registrer », c’est-à-dire de combiner harmonieusement les 82 jeux disponibles pour tirer le meilleur résultat sonore.

 Le public sera installé sur les premiers rangs d’orchestre et la console sur le nez de la scène, abaissé jusqu’au niveau des sièges. Nous disposerons également de diapositives permettant de voir notamment l’intérieur de l’orgue.

 La conférence sera ouverte et fermée par des morceaux d’orgue complets, en piochant dans le programme que Thomas Kientz aura joué le jour même dans le cadre des concerts Expresso. Au cours de la conférence, ce seront plutôt de cours extraits improvisés qui illustreront le propos

Compte rendu

Les grandes orgues de l’Auditorium de Lyon

Chacun sait, ou devrait savoir, que trois mots de notre belle langue française sont masculins au singulier et féminins au pluriel : amour, délice et… orgue !
Et pour l’Auditorium de Lyon, le pluriel est encore plus légitime pour évoquer ‟le roi des instruments” qui meuble son arrière-scène, tant l’histoire de sa facture avec ses nombreuses restaurations – pour ne pas dire tribulations – a conduit au fil du temps à disposer d’un instrument ‟composite”, dont la pâte sonore est aussi bien adaptée au répertoire classique, baroque que romantique (son point de départ).
L’histoire des grandes orgues de l’Auditorium de Lyon est intimement liée à celle de l’orgue du Palais du Trocadéro, bâtiment construit en 1878 pour une Exposition Universelle (donc prévu pour être provisoire) et conçu comme la cathédrale laïque de Paris où étaient célébrées toutes les grandes fêtes laïques.
C’est Aristide Cavaillé Coll qui fut le facteur des grandes orgues destinées au Palais du Trocadéro, un instrument romantique par essence, parfaitement adapté à la musique de l’époque et dopé par l’introduction de la machine Barker permettant une meilleure maîtrise du vent. Trois des dix symphonies de Charles-Marie Widor ont d’ailleurs été écrites pour les concerts inauguraux du Trocadéro. Alexandre Guilmant tout aussi important que César Franck dans le renouveau de l’école française d’orgue, puis plus tard Marcel Dupré ont tenu l’orgue Cavaillé Coll (et veillé à sa bonne santé) jusqu’à la destruction du Palais du Trocadéro.
Seconde page de l’histoire de l’orgue qui nous occupe : en lieu et place du Palais du Trocadéro, a été construite une nouvelle salle souterraine inaugurée en 1937, le Palais de Chaillot. Sous la houlette du facteur Victor Gonzalez, l’instrument de Cavaillé Coll a été démonté puis remonté, ses transmissions ont été électrifiées et un certain nombre de jeux ont été ajoutés pour coller au goût du jour. Il s’agissait de retrouver les timbres anciens comme la ‟tierce en taille” (timbre si typique de l’orgue de la Chapelle royale du château de Versailles) ou des jeux de ‟mixture” et à la fois de disposer de jeux plus scintillants pour la musique contemporaine.
Troisième page : La nécessité d’engager d’importants travaux à l’ensemble Trocadéro/Chaillot à partir de 1972 avec la concurrence grandissante de l’activité théâtre (TNP puis Théâtre National de Chaillot) ont conduit à la mise en caisse de l’instrument qui renaîtra seulement lors de l’édification de l’Auditorium de Lyon en 1975, grâce à l’action de Robert Proton de La Chapelle soutenu par Pierre Cochereau (alors créateur du CNSMD de Lyon). L’instrument est installé en 1977 par Georges Danion (héritier de la Maison Gonzalez, sans toutefois être lui-même facteur d’orgue). C’est en 2013 qu’est intervenue la dernière restauration en profondeur des orgues de l’Auditorium de Lyon par la Manufacture Aubertin, avec l’installation de jeux nouveaux, comme les trompettes en chamade (tuyaux disposés horizontalement) très présentes dans la musique baroque espagnole, le jeu de dulciane (très appropriée pour la musique ancienne), les jeux de flûte harmonique, le jeu de régale.
Une conférence passionnante de Claire Delamarche, Conservatrice de l’orgue de l’Auditorium de Lyon qui détaille ensuite le ventre de l’orgue avec ses 82 jeux, ses 6500 tuyaux et ses éléments constitutifs : les sommiers, les registres, les soupapes, les jeux à bouche, les jeux à anche, les tuyaux en bois, les tuyaux en métal, les tuyaux ouverts, les tuyaux fermés, sa boîte expressive, ses 4 claviers… et qui s’attache à donner des exemples très concrets de la polyvalence de l’instrument.
Une conférence rendue très vivante grâce aux très nombreuses illustrations sonores avec la présence à la console du jeune et brillant organiste Thomas Kientz, qui développe aujourd’hui une carrière de soliste interprète et improvisateur en Europe.

Invitation

La Société Philharmonique de Lyon est heureuse de vous convier à la prochaine conférence à l’Auditorium mardi 14 mai prochain, à 18h30 à l’Auditorium de Lyon
« Autour du cor, rencontre avec Guillaume Tétu et Jane Lise Meunier.

Guillaume Tétu, corniste solo de l’Auditorium de Lyon

Jane Lise Meunier, musicologue

 

Compte rendu

Chaque année, la Société Philarmonique de Lyon propose dans sa série de conférences la découverte d’un instrument. Après la clarinette , ce fût mardi dernier la présentation du cor d’harmonie.

 Le cor,  étymologiquement  « corne »,  est bien connu de tous mais en connaître les subtilités et la complexité a été une passionnante découverte pour l’auditoire présent.

Guillaume Tétu, 1er cor solo à l’ONL et Grégory Sarrazin, second cor grave de l’orchestre ont présenté et animé avec de multiples exemples musicaux cette conférence, aidés par Jane-Lise Meunier, musicologue, qui animait les débats de la soirée.

 Après un petit extrait musical d’un duo d’Otto Nicolaï, Guillaume a développé de façon chronologique l’évolution de l’instrument à travers les âges avec tous les progrès techniques qui ont conduit  le cor sous sa forme actuelle.

En partant de l’image succincte du tuyau d’arrosage auquel on ajoute une embouchure, nous découvrons les premiers sons sur un petit cor en mi bémol, (simple tuyau enroulé pour qu’il tienne moins de place), sons uniquement harmoniques produits avec différentes positions de lèvres. On ne pouvait alors pas jouer toutes les notes de la gamme.

C’est  à l’époque de Lully, Bach et Haendel que Le cor fit son apparition dans un orchestre. Il fallait alors deux instrumentistes, l’un pour les notes graves et l’autre pour les notes aigües. Démonstration par nos deux amis dans un extrait du 1er concerto brandebourgeois de J.S. Bach.

C’est vers 1750 qu’apparaîtra le « cor d’invention ». Un corniste et luthier, Hampel, a eu l’idée de modifier la longueur du tube en ajoutant ce qu’on appelle des « tons »  qui permettront aux cornistes de jouer dans différentes tonalités et avec plus de notes pendant le même morceau. Mozart en fît une large utilisation dans ses symphonies et ses concerti.

Une autre technique de jeu consistera à baisser l’instrument qui se jouait de façon haute (façon cor de chasse) en le rapprochant du corps. Le corniste peut ainsi changer la position de la main dans le pavillon et ainsi modifier la hauteur des notes.  Le chromatisme est né. Giovanni Punto, inventeur et corniste tchèque présenta à Beethoven ces nouvelles techniques.  Séduit, le compositeur écrira une sonate pour cor et piano, une des premières du genre.

Viendra ensuite la découverte du piston par le luthier Stölzel qui permettra encore plus de possibilités techniques. Ce sera la naissance du cor viennois dont le principe est de nos jours encore utilisé, sous une forme modernisée bien sûr, à l’Orchestre Philarmonique de Vienne.

Le cor entre ainsi de plain-pied dans l’univers romantique des symphonies de Brahms et Schumann. Le pupitre de cors des orchestres évoluera alors en passant de deux à quatre musiciens, deux cors aigus et deux cors graves.

 Le cor moderne date vraiment de la fin de la période romantique avec des compositeurs tels Wagner et Strauss. Wagner participera même à l’élaboration d’un nouvel instrument, le tuben, cor avec un pavillon en hauteur et qui permet des sons un peu plus doux. Brückner a beaucoup utilisé cet instrument pour sa couleur dans ses symphonies. Le tuben demande une préparation spéciale et son utilisation, aux dires de Guillaume reste toujours un peu hasardeuse.

 Après cette présentation très intéressante et exhaustive de leur instrument, nos deux amis se sont transformés en professeurs et ont pu faire essayer à l’assistance des embouchures et ainsi montrer comment produire un son avec les lèvres. Résultats plus ou moins concluants selon les personnes, mais peut-être aurons-nous à la suite de ces essais de futures vocations de cornistes.

 Un grand merci à Jane-Lise, Guillaume et Grégory pour cette très belle présentation et leurs prestations instrumentales, épreuve qui reste toujours un exercice périlleux.

Lundi 6 mai 2019

Société de Lecture de Lyon à 15h, 39 bis rue de Marseille

« L’effervescence artistique à Lyon dans la première moitié du XXème siècle »

Conférence donnée par Michel Loude

En partenariat avec le Mozarteum de France

Invitation

Comment Madame Grignon-Faintrenie, femme passionnée par la musique, a su faire venir, à Lyon, des sommités du monde musical : concertistes, compositeurs ou danseurs ? Il sera évoqué la venue de Ravel, de Samson François, de Wilhelm Kempff, et bien d’autres encore… Le concert «  de résistance » avec Paul Paret en 1943, …

Il sera aussi évoqué le nom du critique Léon Vallas ; des Petits Concerts organisés par son épouse ; de l’organiste Edouard Commette ; l’enregistrement d’orgue, à la cathédrale St Jean, sur disque de cire pour le compte d’une société américaine ; du Conservatoire avec Ennemond Trillat ; de l’Association des Frères des 4ème, fondée par Edmond Locard, un ami très proche et très influent de Madame Grignon-Faintrenie. …

Marcel Péhu

Pour Marcel Péhu, (vie et œuvres) : on pourra écouter des enregistrements de ses compositions pour piano par Elisabeth Rigollet ; quelques morceaux d’orgue enregistrés à St. François par Jean-François Maupetit, et par Marcel Péhu lui-même.

Peuvent être considérés aussi comme divertissements musicaux pour le grand public : les bals, fêtes de quartier, le Palais d’Hiver et son fabuleux patron : M. Lamour !!!

Compte rendu

La Société Philharmonique de Lyon est conviée à suivre, ce mardi 6 mai à la salle de lecture de la rue de Marseille par le Mozarteum, une conférence donnée par Michel Loude : « L’effervescence artistique à Lyon dans la première moitié du XXème siècle à travers deux personnalités d’exception : Marcel Pehu et Madame Grignon-Faintrenie ».

Au fil de l’eau, avec notre conférencier, nous « enfilons » le temps et vivons véritablement l’effervescence musicale lyonnaise au cours du XXème. Après avoir évoqué les  lieux mythiques  de la ville de l’époque : les « cafés -concerts », la Scala de Bellecour, l’Eldorado, le Caveau Lyonnais , l’Académie royale de Musique, la salle Rameau,  le Vieux temple, le Grand Théâtre, les  « Frères du Quatrième » et la Maison des Heures de la rue Confort)  la conférence se développe  autour de Marcel Pehu et Madame Grignon-Faintrenie qui ont  fortement marqué la vie musicale lyonnaise : ils seront tous deux le « fil » de notre balade/ballade musicale.

Tout d’abord Marcel PEHU (1904-1974) originaire de Saône et Loire, l’évocation de ce nom résonne immédiatement dans l’assistance, certains l’avaient côtoyé : il avait, dit-on, un tempérament bien trempé, toujours à l’heure, et passionné de chemins de fer. Mais Marcel Péhu fut surtout un brillant organiste et compositeur, titulaire de l’orgue de l’Eglise St François de 1941 jusqu’à son décès en 1974. Il travaille avec Cortot, Dukas, Dupré, d’Indy.  Ses compositions sont nombreuses, 99 sont déposées à la bibliothèque du CNR et attendent d’être éditées. Plusieurs extraits musicaux nous sont proposés (au piano Isabelle Rigolet, à l’orgue Vincent Coiffet) permettent d’appréhender sa belle manière de composer. De grands noms furent également cités, musiciens originaires de Lyon ou de sa région, organistes, professeurs et/ou compositeurs qui ont tous participé à la dynamique de la vie musicale de la ville de Lyon : Charles Marie Vidor, Vincent d’Indy, Louis Vierne, Ennemond Trillat, Marcel Dupré, Jean Guillou, Edouard Commette, Charles-Marie Vidor, Marie Claire Alain.

Dans le vent de cette effervescence, Monsieur Loude rappelle la naissance de la musique symphonique, la « Société des Grands concerts » créée en 1904, ancêtre de notre actuel Orchestre National de Lyon ainsi que les différents berceaux emblématiques :  la salle Molière, l’Hôtel de ville et son Beffroi, la « salle Rameau » construite en 1908 au temps d’Edouard Herriot et du compositeur et chef G.M Witowsky. Il mentionne également le dynamisme des « amis de la musique » comme la famille Genin, le Docteur Edmond Locard, Pierre Combet-Descombes, des critiques musicaux comme Leon Vallas.

Ce beau monde nous mène à Madame Irma Grignon-Faintrenie (1873-1966).

Née à Paris, la famille descend à Lyon, elle a 16 ans, sa passion pour le théâtre se développe rapidement, elle suit des cours de diction dramatique et déclame aux Célestins. Personnage hors du commun, d’une activité débordante, elle devient rapidement une illustre dame dans le paysage culturel lyonnais, joliment appelée « Prêtresse des Arts Nouveaux » par monsieur Robert Proton de la Chapelle alors adjoint à la culture de Monsieur Pradel. Amatrice de théâtre et de musique, elle ouvre une école de diction pour les jeunes filles et décide de créer un lieu culturel, une « maison de la culture » qu’elle loue au 24 rue Confort : la Maison des heures deviendra l’Université des Heures qu’un bon nombre parmi notre assistance a connu. Elle loue les grandes salles de spectacle lyonnaises, y organise des conférences, des galas de Charité, des concerts.  Imprésario avant l’heure, elle favorise des échanges entre Paris et Lyon, elle participe à la renaissance de la musique Baroque, en organisant dès 1926 un festival Lully. C’est à Lyon que Ravel jouera pour la première fois sa Valse, et qu’Arthur Rubinstein, pour la première fois également interprètera la partition de Petrouchka de Stravinski au piano. Madame Grignon-Faintrenie était également femme de conviction elle n’hésita pas, en mai 1942 à faire jouer la « Marseillaise » à la fin d’un programme de Musique Français, deux jours après un concert de propagande allemande.

Nous ne doutons pas qu’il y aura dans la prochaine saison, une suite à ce premier épisode, un thème lyrique, peut-être ?

 Résumé de conférence d’un amateur anonyme et non éclairé à travers ce qu’il a perçu de cette « Belle Epoque » !

Mardi 9 avril 2019

ONL à 18h30

« Bach : Passion selon Saint Matthieu »

Conférence de Arnaud Brovillé

Repas après la conférence sous réservation

Invitation

« La mise en musique de la passion selon Saint Matthieu par Bach est un chef d’œuvre d’une inépuisable richesse. Des chorals aux récitatifs, de l’introduction monumentale aux courts ariosos, des airs solistes aux invectives de la foule, tout y est remarquable. Cette conférence propose de visiter ce monument de l’histoire de la musique en s’appuyant sur la manière dont les fidèles de l’époque pouvaient recevoir cette musique. »

Arnaud Brovillé intègre le service des publics de l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne puis l’Auditorium-Orchestre national de Lyon où il développe et pilote de nombreux projets d’actions culturelles et de concerts jeune public.
Il anime régulièrement des conférences, notamment sur la musique baroque ou les relations entre peinture et musique et donne des cours de pratique de la médiation musicale à l’Université Lyon II.
Il est co-auteur d’un ouvrage sur la musique destiné à la jeunesse et a assuré les recherches iconographiques d’un ouvrage sur l’histoire de l’Orchestre national de Lyon.
Également spécialiste de l’histoire du quartier de la Part-Dieu, il travaille depuis quelques années sur l’histoire ancienne de la rive gauche de Lyon.

Compte rendu

La Semaine Sainte s’ouvre dans quelques jours et l’Auditorium offre simultanément aux Lyonnais l’opportunité d’entendre la Passion selon Saint Matthieu de J.S. Bach, interprétée par le Chœur de Chambre de Namur et ses solistes dont la réputation n’est plus à faire.

Arnaud Brovillé, médiateur culturel au sein de L’ONL, profondément  habité par son sujet, en pédagogue passionné et musicien éclairé nous propose la découverte de ce chef d’œuvre, véritable « monument » dans l’Histoire de la Musique. Nous sommes invités à y pénétrer, écouter, admirer et nous laisser saisir par l’émotion, comme on le serait devant chaque détail des vitraux d’une cathédrale !

Depuis la Réforme on lisait la Passion chaque dimanche des Rameaux en langue vernaculaire. De forme très dépouillée au départ, elle évoluera lentement vers un style polyphonique. La Passion selon Saint Matthieu de J.S.Bach a probablement été entendue pour la première fois le vendredi saint de l’année 1727 : deux orchestres, un double chœur et des solistes occupent les deux tribunes de l’église Saint Thomas de Leipzig. Pour donner au récit  de l’évangéliste toute la dimension dramatique et pathétique de la Crucifixion J. S. Bach ne s’interdit pas une certaine théâtralité et emprunte beaucoup d’éléments du style opératique : récitatifs, ariosos, arias et chœurs. L’œuvre dont l’exécution dure près de 2 heures 45 pourrait s’écouter comme un Opéra mais, sans mise en scène ni jeu d’acteur, elle rejoint le genre Oratorio. Depuis le traité de Westphalie, la tension entre  les états catholiques et protestants s’estompent et Bach, profondément croyant, réalise une fusion des différents styles musicaux européens au nom d’une seule identité : celle d’un monde chrétien. A Leipzig tout le peuple est croyant et la religion fait partie du quotidien. Le plan de La Passion selon Saint Matthieu est de l’invention même de Bach. Bach s’appuie sur le récit biblique intégral en langue allemande (récitatifs et ariosos de type narratif  et dynamique) et y insère des commentaires sous forme  d’arias, composés sur des textes de son ami poète Picander ou de chorals choisis dans le répertoire de la tradition luthérienne et harmonisés par lui-même. En cette fin d’époque baroque, la musique est toujours au service du verbe et il y a délibérément chez Bach un sens du drame et une volonté pédagogique. Il lui importe d’amplifier le sentiment exprimé par les paroles, il cherche les contrastes, les oppositions, s’attache à faire ressentir les différents affects pour solliciter la piété  et inviter les fidèles à la méditation, la réflexion et la prière. De nombreux extraits proposés par notre conférencier nous éclairent sur la subtilité du traitement musical  mis au service de l’expression des sentiments : tonalités,  accords (usage significatif de la septième diminuée), rôles différenciés des orchestres, choix délibéré et symbolique des tessitures attribuées à chacun des protagonistes, rôle spécifique d’accompagnement confié aux instruments ( continuo, cordes, flûtes, violon solo) interventions différenciées des  chœurs  et des solistes parmi les chœurs. Chaque détail harmonique, rythmique  est au service d’une véritable signification : les larmes de Saint Pierre nous touchent, les railleries de la foule (turba) nous agressent, la désolation du Christ nous saisit. C’est aussi parce que les spécificités de la langue allemande se prêtent admirablement au chant. La partition est bouleversante d’humanité.

La Passion de Saint Matthieu de J.S Bach est une œuvre de génie : Bach nous délivre un message universel d’espérance. Et s’il fallait encore nous en convaincre : trois initiales apposées au bas de chacune de ses partitions  S.D.G. Soli Deo Gloria ! A Dieu seul la Gloire !

Mardi 5 mars 2019

ONL à 18h30

« Les Inspirations de Berlioz »

Conférence sur Hector Berlioz donnée par Bruno Messina

En partenariat avec le Cercle Wagner de Lyon

Invitation

Le 150ème anniversaire de la mort d’Hector Berlioz aura lieu le 8 mars 2019 et dans le cadre des « Commémorations nationales du Ministère de la Culture », le Cercle Richard Wagner-Lyon et la Société Philharmonique de Lyon ont tenu à rendre hommage au grand compositeur français.

De dix ans son aîné, Berlioz est au romantisme français ce que Wagner est au drame germanique. Même si leurs carrières et leurs choix esthétiques diffèrent, les deux hommes sont les fils spirituels de Beethoven et contempteurs de la musique industrielle qui triomphe dans l’Europe bourgeoise du XIXème siècle. Les deux artistes, se heurtant aux incompréhensions de leurs contemporains, sont aussi deux rivaux qui se jaugent et se confrontent.

Les manifestations que nous vous proposons permettront de retracer l’histoire des relations parfois électriques et ambivalentes de ces deux géants de la musique.

Programme complet

Compte rendu

Le 5 mars dernier Bruno Messina, directeur du Festival Berlioz de la Côte Saint-André, berliozien passionné et passionnant, invité de la Société Philharmonique, s’était proposé de dresser un portrait « en pied » de son héros, et d’en décoder les sources d’inspiration. Il l’a si bien fait que ce n’est pas un simple portrait que le public tenu sous le charme a contemplé, mais une sorte d’hologramme virevoltant traversant les deux premiers tiers du XIXème siècle, tout à fait à l’image de ce fou de musique que son époque, et même sa postérité, n’ont su ni bien saisir, ni bien comprendre. « Berlioz ne se découpe pas » dit Bruno Messina dans le remarquable essai qu’il lui consacre chez Acte Sud. Aussi en un peu moins de deux heures a-t-il cherché à résoudre l’énigme que représentent cent cinquante ans après son décès, les incompréhensions et même le mépris qui frappe encore dans son pays surtout, un génie créateur de cette envergure. Gageure assurée ! Mais la réaction immédiate des auditeurs, très chaleureuse, a témoigné que de sérieux progrès étaient en cours !…

Bruno Messina cherche, et trouve, les origines de l’artiste dans le cadre familial et naturel dauphinois de l’enfant puis de l’adolescent et dans son éducation littéraire et classique. Rien n’est plus justifié que cette approche, qui sans être absolument originale, est sans doute plus systématique et plus approfondie que celle de ses prédécesseurs sur le même terrain. Elle attire l’attention sur le paradoxe Berlioz, père de l’orchestration moderne, dont le propre métier de compositeur (et de chef d’orchestre) s’est forgé en dehors de tout parcours académique. Le mot autodidacte n’est pas prononcé, mais il conviendrait à bien des égards. Il en est pratiquement de même pour l’écrivain Berlioz, essayiste et critique, l’une des plumes les plus brillantes… et les plus redoutées de son temps. Elle n’a rien ajouté à la sympathie des faiseurs d’opinion de son époque. Est-ce son souvenir des études de médecine entreprises pour faire plaisir à son « cher papa », et bien vite abandonnées, qui lui souffle ce jugement sur ses collègues : « Les critiques pensent avec leur estomac [qui leur inspire] d’incroyables apparences d’idées sur les choses de l’art » ? Et comme Wagner, il écrira les livrets de ses opéras, probablement parce que l’extrême originalité de sa veine mélodique s’accommodait mal des formes convenues des librettistes. La nature, les traditions populaires, les chocs esthétiques fulgurants à la découverte de Virgile, Shakespeare, Gluck… et les amours, toujours chaotiques, toujours impossibles, toujours contrariées parce que rêvées plus que vécues… voilà où il faut chercher les clés d’un œuvre à qui la postérité ne voudra pas toujours reconnaître son dû.

Conférence empathique, riche et vivante. Même si l’on doit regretter l’absence d’illustrations sonores venant à l’appui de la fougue du conférencier. Car chacun de ses auditeurs n’a pas de facto la connaissance intime des œuvres qui lui permettrait de relier immédiatement telle allusion à telle œuvre, ou plus précisément encore, à tel passage précis d’une œuvre. Si très subtilement Bruno Messina relie l’omniprésence de la nature dans tout l’œuvre du compositeur à son enfance dauphinoise, un coup d’oreille à Harold, à La Damnation, ou encore à la seconde partie des Troyens… aurait sans doute ajouté à la persuasion. Même regret lorsqu’il s’est agi d’évoquer l’inépuisable inventivité rythmique de Berlioz, absolument inédite au début XIXème siècle, dont les premiers auditeurs de la fantastique 1830 furent si fort étonnés. Difficile surtout de défendre le génie de l’orchestrateur et son immense descendance, sans le secours d’exemples vivants. C’est dommage, car Bruno Messina a pris le risque d’être moins compris lorsque qu’à juste titre il veut casser l’image qu’on a voulu donner d’un Berlioz pompeux, voire pompier, amoureux des fracas énormes et des foules. Les démentis auraient pu venir de la verve de Benvenuto Celini ou de la poésie amoureuse de Roméo et Juliette

Mais ces réserves faites ce qu’on leur retiendra du propos de Bruno Messina, c’est le charme et la spontanéité que permettent la fréquentation d’une puissance créative hors du commun et l’analyse approfondie de ces ressorts. Bonne chance à Bruno Messina et à son ambition de faire entrer Berlioz au Panthéon !

Livre Hector Berlioz

HECTOR BERLIOZ 1869-2019 : 150 ans de passions vient de paraître aux éditions Aedam Musicae, dans la collection « Musiques – XIX-XXème siècles » sous la direction de notre membre Emmanuel Reibel et d’Alban Ramaut, grand spécialiste de Berlioz.

Cet ouvrage collectif, introduit par John Eliot Gardiner (avant-propos) et Bruno Messina (préface), propose de nombreuses communications des meilleurs spécialistes internationaux permettant de comprendre comment le compositeur qui n’a jamais réussi à imposer son art avec la force de l’évidence de son vivant, est devenu malgré tout une figure patrimoniale, dans la France de la IIIe République. Il aborde aussi les diverses façons dont on a interprété, entendu, commenté, aimé ou détesté Berlioz depuis 150 ans.

L’ouvrage est disponible chez notre partenaire la librairie Musicalame ou directement sur le site internet de l’éditeur

http://www.musicae.fr/livre-HECTOR-BERLIOZ-1869-2019–150-ans-de-passions–de-Emmanuel-Reibel–Alban-Ramaut-215-197,198.html

2018

Mardi 6 février 2018 

« Musique et cinéma » qui souligne le mieux l’autre ? La musique ou l’image ?

Invitation
« Musique et cinéma : qui souligne le mieux l’autre ? La musique ou l’image ? Conférence proposée par François Gildas Tual

Elle aura lieu le mardi 6 février à 18h30 à l’Auditorium de Lyon, bas atrium

L’image sans le son? Le film serait aussi angoissant que la célèbre scène de la douche de Psychose d’Hitchcock. Le son sans l’image? On reproche à la musique de ne pas avoir la noblesse des grandes pièces du concert. Siffler un thème de Delarue vaut pourtant mieux qu’un résumé de film de Truffaut, et force est de reconnaître que les mélodies du compositeur sont terriblement envoûtantes. Pourtant, plus qu’un catalogue de bandes originales, notre rencontre s’interrogera sur les liens mystérieux qui unissent le sonore et le visuel. La place de la musique dans le film (diégétique/extra diégétique), qu’elle soit ou non composée spécifiquement pour l’occasion ou empruntée au répertoire. Du point de vue du réalisateur à celui-du musicien, des partitions de Chaplin à celles du cinéma français d’aujourd’hui, l’historique sera aussi l’occasion de percer un peu le secret de l’une des plus célèbres scènes de Kubrick.

François-Gildas Tual, Docteur en musicologie et diplômé du Conservatoire de Paris, enseigne l’analyse et l’histoire de la musique au Conservatoire de Grenoble. Il a écrit de nombreux articles sur la pluridisciplinarité musicale (Musique et littérature / Beaux-Arts / Cinéma), et collabore régulièrement avec l’Orchestre National de Lyon, la Philharmonie de Paris, Radio France, L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, l’Ensemble Inter contemporain…, comme rédacteur et conférencier.

Compte rendu
Pour notre quatrième conférence de la saison 2017/2018 : Société Philharmonique de Lyon en coproduction avec l’Auditorium, nous avons accueilli notre « sémillant » conférencier François Tual, toujours aussi tonique et original dans ses présentations.

Le sujet du jour fut « Musique et Cinéma » ! Vaste programme pour à peine deux heures de conférence, questions comprises ! Le pari fut gagné devant un parterre bien rempli, dans l’atrium de l’Auditorium, avec un accueil chaleureux des nombreux auditeurs présents ce soir-là.

Notre conférencier spécialiste de la « transversalité » dans les Arts, sachant manier et mixer la Musique à toutes les « sauces » tel un cuisinier musicologue, a su cette fois-ci encore, marier « Image et Son » à sa façon ! Comme il l’avait fait dans la  « Modernité dans la Musique », avec la peinture moderne en février 2017 !

Nous sommes partis de très loin, dès les débuts du cinéma, à l’époque où la musique n’était qu’un fond sonore, joué au piano, plus ou moins en rythme avec les pirouettes à la Georges Méliès, mais n’était pas encore partie intégrante de l’image. Puis ce fut Charlie Chaplin avec son « Charlot » qui inventa sa propre musique. On n’est jamais si bien servi que par soi-même !

Alfred Hitchcock, le maître du suspens fut aussi le maître du silence, car rien n’est plus effrayant qu’une image sans son, comme en témoigne la célèbre scène de la douche de « Psychose ». Que la musique soit originale ou empruntée au répertoire, les mélodies du compositeur ne sont-elles pas parfois plus envoûtantes que les images elles-mêmes ?

Qui du musicien Georges Delerue ou de François Truffaut pouvait remporter la palme d’or du cinéma ? Les deux, cela va de soi !

De « 2001 Odyssée de l’espace » à « Eyes wide shut », un dénominateur commun, Stanley Kubrick, mais des musiques bien différentes de Richard Strauss avec « Ainsi parlait Zarathoustra » à Jean Sibelius avec sa « Valse triste ». Mais de belles images dont celle de la nudité magnifique de Nicole Kidman au début du film !

Une question métaphysique, la musique de film doit-elle être « diégétique » ou extra « diégétique ?

Vous voyez, chers amis, que cette soirée fut intense et riche. L’assistance devant tant de sciences et de connaissances à la fois musicales et cinématographiques resta médusée.

Image ou Son, telle fut la question ? Pour notre plus grand bonheur, nous eûmes ce soir-là, à la fois l’image d’un conférencier passionné, pétillant, gai et plein de vivacité et le son d’une voix tonique portant haut le flambeau de la musique.

Mardi 6 mars 2018 

A la rencontre de l’œuvre d’Edvard Grieg : Peer Gynt

Conférencier : Benjamin Lassauzet

 

Invitation
Tout le monde connaît Peer Gynt de Grieg. Tout le monde en a déjà entendu des extraits en concert, à la radio, dans un film, dans une pub… Mais sur une scène de théâtre, très rarement. C’est pourtant bel et bien pour cet environnement que Grieg destine sa musique à l’origine, puisque l’œuvre musicale est sensée s’associer à une pièce de théâtre conçue par son compatriote norvégien : Henrik Ibsen. Il ne sera pas inutile de replacer la musique dans son contexte littéraire, de manière à en percevoir toutes les subtilités, dont certaines sont bien cachées…

Docteur en musicologie, professeur agrégé à l’Université Clermont-Auvergne et membre du GREAM, Benjamin Lassauzet a consacré sa thèse de doctorat à l’humour chez Debussy. Il a publié, dans ce cadre, plusieurs articles consacrés, entre autres, à la mélodie de jeunesse Pierrot (« Debus-si e(s)t Pierrot », La Revue musicale OICRM, 2/2, 2015, p. 154-177) ou au rire nègre chez ce compositeur (« Qui rit quand « le Nègre rit » ? L’ambiguïté des rires nègres debussystes », Le rire en musique, dir. Muriel Joubert et Denis Le Touzé, Presses universitaires de Lyon, 2017, p. 49-74). Il est par ailleurs l’auteur d’un ouvrage consacré à La fonction structurante du timbre dans les Préludes pour piano de Debussy (Cahiers Recherche 25, Strasbourg, 2014, 179 p.). Il a également travaillé sur la fiabilité des enregistrements sur instruments reproducteurs, la notion d’extase chez Scriabine, la musique dans 2001 : l’Odyssée de l’espace, la théorie du deuil dans la 2e symphonie de Mahler…

Compte rendu
Ce sont de très enrichissants et parfois surprenants enseignements que nous a livrés Benjamin Lassauzet lors de la 5ème conférence de la saison 2017-2018 de notre association, avec une excellente intervention dédiée ‟à la rencontre de l’œuvre de Grieg, Peer Gynt” ; l’applaudimètre ne nous démentira pas.

Peer Gynt fait partie de la culture populaire avec un personnage qui a été l’objet de nombreux films depuis près d’un siècle et avec ses emblématiques mélodies utilisées à tout va par les cinéastes et par les publicitaires.

L’argument relève de toute évidence du conte fantastique, avec ce jeune fanfaron Peer Gynt qui, parfois par le mensonge, tente de fuir la réalité pour la pure vie idéale et qui vivra le chaos avant de connaître la rédemption.

Benjamin Lassauzet nous apprend que la musique de scène commandée en 1874 par le dramaturge norvégien Henrick Ibsen à Edvard Grieg (1874-1907) a été enfantée dans la douleur par ce dernier. En effet, il se lance presque à contrecœur dans l’écriture de Peer Gynt, alors que cette œuvre connaitra au final un immense succès et, précisément, constituera le point de départ de sa notoriété, internationale qui plus est ! D’une partie des 22 morceaux de la musique d’accompagnement écrite pour le spectacle, émergeront deux suites pour orchestre qui seront les plus jouées.

Mais derrière les douces harmonies de cette très romantique musique qui cultive l’imaginaire des grandioses paysages norvégiens, Benjamin Lassauzet nous initie à ‟l’architecture” de la partition. Ainsi, il nous révèle qu’à l’instar des palindromes de lettres (texte ou mot dont l’ordre des lettres reste le même qu’on le lise de gauche à droite ou de droite à gauche), il existe en musique de telles figures de style et que, notamment, Peer Gynt en est le parfait exemple.

Ainsi dans le prélude, on observe une parfaite symétrie de part et d’autre de deux séquences centrales qui correspondent à des scènes nuptiales du folklore norvégien, le ‟halling” (cadencé à 2 temps) puis le ‟springar” (cadencé à 3 temps), toutes deux jouées par l’alto solo. En d’autres termes, ces deux séquences centrales sont précédées de plusieurs phrases musicales (parfois avec leur répétition immédiate harmonisée un peu différemment) que l’on retrouvera dans l’ordre inverse après les séquences centrales. Dans le prélude, une telle construction marque la volonté du compositeur de placer en son centre le personnage de Solveig.

Commentant la ‟chanson de Solveig”, qui obéit également à la figure de style du palindrome, il nous fait remarquer que ce qui rend cette mélodie aussi populaire c’est à la fois sa simplicité qui repose sur un chant syllabique (une syllabe par note), sans ornements, et sur le profil en arche de chaque phrase musicale (montée puis redescente). Au passage Benjamin Lassauzet n’omettra pas de nous préciser que la première phrase musicale de la chanson commence avec un accompagnement en bourdon (notes tenues sous la mélodie) pour appuyer le caractère folklorique de la musique.

Le prélude reprend plusieurs fois la chanson de Solveig mais bien sûr sans entendre sa voix puisque ce sont les instruments de l’orchestre – clarinette et hautbois et plus loin les violons dans un puissant crescendo – qui vont se substituer à cette voix.

Par ces quelques exemples de l’intervention experte de Benjamin Lassauzet, il faut comprendre que ce dernier nous a livré un décryptage technique extrêmement éclairant sur l’une des œuvres phares de Grieg, qu’il en soit encore félicité et remercié !

Mardi 15 mai 2018 

La musique de jazz et l’orchestre symphonique

Invitation
Le XXème siècle est, en musique comme ailleurs, celui des grands bouleversements. Le jazz a été l’un d’eux et a durablement imprimé sa marque dans le répertoire symphonique.

Mais de quelle marque parle-t-on lorsqu’il est aussi difficile de donner une définition du jazz ? Swing, improvisation, tradition orale, negro spirituals, métissage…autant de mots et bien d’autres qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on parle de jazz, mais qu’en reste-t-il dans le répertoire de musique savante inspirée par cette musique ?

Après des études en histoire, en arts du spectacle et en musicologie, Arnaud Brovillé intègre le service des publics de l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne puis l’Auditorium-Orchestre national de Lyon où il développe et pilote de nombreux projets d’actions culturelles et de concerts jeune public.
Il anime régulièrement des conférences, notamment sur la musique baroque ou les relations entre peinture et musique et donne des cours de pratique de la médiation musicale à l’Université Lyon II.
Il est co-auteur d’un ouvrage sur la musique destiné à la jeunesse et a assuré les recherches iconographiques d’un ouvrage sur l’histoire de l’Orchestre national de Lyon.
Également spécialiste de l’histoire du quartier de la Part-Dieu, il travaille depuis quelques années sur l’histoire ancienne de la rive gauche de Lyon.
Conférence exclusivement ouverte aux membres de la Sophily et ouvertes aux non-adhérents, moyennant 5€. Munissez-vous de votre carte d’adhérent. Faites découvrir l’association à vos amis ou connaissances.

 Formule buffet proposé à la suite de la conférence au Bistrot Bonnel, 66 rue Bonnel, Lyon 25€ pp)

Inscription obligatoire à la conférence (Vigipirate oblige) et/ou au repas par retour de mail ou par courrier

Compte rendu
«  Le mardi 15 mai pour notre dernière conférence de la saison, Arnaud Brovillé, musicologue-conférencier  et en même temps animateur et pilote de projets culturels et de concerts jeune public au sein de l’Auditorium, nous a proposé d’explorer les relations entre le Jazz et l’univers Symphonique, thème de la soirée.

Le programme des conférences avait commencé avec la Musique Baroque à la Française, il se termine avec le jazz : c’est dire que nos membres et l’ensemble du public toujours fidèle et nombreux, a bien joué le jeu du grand écart que nous lui proposions pour cette saison 2017-2018 !

L’exposé fut savant et brillant même si, avouons-le, pas toujours à la portée de tous les mélomanes présents ! Ainsi nous a-t-on appris, ou rappelé pour certains, le ‟b.a.-ba” de l’harmonie avec l’échelle chromatique habituelle (1 ton, 1 ton, 1/2 ton, 1 ton, 1 ton 1 ton, 1/2 ton) qui structure la composition musicale, la notion d’accord (tierce, quarte, quinte…), de tonalité (mode majeur ou mode mineur). Sait-on tous bien qu’une œuvre en mi bémol majeur indique 3 altérations (si bémol, mi bémol et la bémol) par rapport à l’échelle harmonique de base ?

Après ce rappel à l’orthodoxie musicale, notre conférencier a fait le pont avec le jazz qui adopte les ressources de l’harmonie classique, tout comme d’autre styles musicaux comme le ragtime (foxtrot) précurseur du jazz. Cette utilisation par le jazz des ressources de l’harmonie classique est effectuée cependant au prix d’un certain nombre d’aménagements, notamment en matière de notation des accords ; libertés prises par les compositions jazziques de grands musiciens dont Satie, Ravel et Gershwin dont, pour certains, nous avons entendu des extraits ce soir-là.

Comme il est agréable lors d’une telle conférence, et pour les plus attentifs, d’avoir le sentiment d’être désormais parmi les initiés en ayant appris ce qu’est la ‟blue note” ou, pour faire simple, note jouée ou chantée avec une légère altération en dessous, d’un demi-ton au maximum, et qui donne sa couleur musicale au blues et au jazz !

A travers ses rythmes, ses accords et son harmonie au Monde, Cette Musique de jazz ou symphonique reste bien l’image de l’Universel : une  aspiration à l’Infini …tel fut notre ressenti ! »

Mardi 9 octobre 2018

Conférence Richard Wagner et le leitmotiv de Yaël Hêche

Goethe-Institut à 19h00

Accompagnement au piano d’Olivier Gleizer: « Wagner et les leitmotive »

En partenariat avec le Cercle Wagner de Lyon

Invitation

Conférence co-produite avec la Société Philharmonique de Lyon :
« Richard Wagner et le leitmotiv » par Yaël Hêche. Accompagnement au piano d’Olivier Gleizer.

Le terme « Leitmotiv » est indissociable de Richard Wagner… qui pourtant ne l’appréciait pas. Qu’ils évoquent un personnage, un objet, un élément ou encore un sentiment, les leitmotivs donnent à chaque opéra du maître son profil sonore bien particulier. Beaucoup plus qu’un simple réseau de réminiscences thématiques, ils sont au cœur même du langage musical wagnérien. Le pianiste Olivier Gleizer, membre du Cercle Richard Wagner-Lyon et le musicologue Yäel Hêche nous retraceront les origines du leitmotiv, son rôle et son développement tout au long de la carrière de Wagner, pour ainsi mieux comprendre un aspect essentiel de cette musique.

Yaël Hêche, musicologue suisse, est l’auteur du livre Richard Wagner et ses modèles français. Opéra-comique et tragédie lyrique sur le chemin du drame musical (2010). Il a collaboré au Dictionnaire encyclopédique Wagner (Actes Sud, 2010). Conférencier et auteur de nombreux articles pour des programmes de concerts et d’opéras ainsi que dans des revues musicales, il réunit aujourd’hui ses activités sous l’enseigne www.communiquerlamusique.ch. Il a été l’invité du Cercle Richard Wagner – Lyon à deux reprises, en 2015 (« Wagner et Meyerbeer »), puis en 2016 pour une conférence musicale « Autour de Wagner et Halévy »

Conférence au Goethe Institut le mardi 9 octobre à 19 heures. Arrivée conseillée vers 18h30.

Compte rendu

Voilà bien une soirée hors du commun que cette très experte conférence co-produite par le Cercle Richard Wagner de Lyon et la Société Philharmonique de Lyon dans l’écrin, parfaitement adapté pour l’occasion, du Goethe Institut. Au micro, le musicologue Yaël Hêche et, au piano, Olivier Gleizer pour illustrer son propos.

Pour Yaël Hêche, le leitmotiv qui qualifie en quelque sorte une réminiscence musicale thématique, n’est pas une spécificité wagnérienne, cette sémantique aurait déjà été utilisée pour certaines des œuvres de Liszt ou de Weber. Mais c’est l’homme de lettres, ami de Wagner, Hanz von Wolzogen qui va en quelque sorte consacrer ce terme et l’associer de manière indélébile à l’œuvre du Maître. Il publiera d’ailleurs de véritables catalogues des leitmotive (notamment pour la tétralogie puis pour Tristan et Parsifal, etc.).

Wagner, quant à lui, demeure un peu critique quant à ce travail de son ami Wolzogen, lui reprochant de ne voir dans le leitmotiv qu’une signification dramatique alors qu’il participe très activement à la construction musicale de son oeuvre.

En effet, Yaël Hêche va patiemment nous démontrer que les leitmotive n’ont pas la même acception en quelque sorte et le même dessein pour les premiers opéras que pour les derniers et, qu’au fur et à mesure, ils seront au cœur du langage musical de Wagner. Il est vrai que la conception qu’avait le compositeur du drame musical a fortement évolué au cours de sa vie.

Ainsi, dans les tout premiers opéras, comme Le Vaisseau Fantôme, le leitmotiv est davantage évocateur d’un personnage (thème du Hollandais, thème des matelots) ou d’un élément physique ou mental, on pourrait presque le qualifier d’accessoire de théâtre.

Déjà dans Lohengrin, le concept du ‟réseau thématique” prend corps avec par exemple les 4 thèmes (motif du malheur, motif d’Ortrud, motif de l’interdiction, motif d’Elsa), qui vont constituer à eux seuls toute la matière musicale du prélude du 2ème acte. Par ailleurs, notre attention est attirée par le conférencier sur le fait que les réseaux thématiques qui s’assemblent, se séparent et se recombinent avec une nouvelle organisation à chaque fois, ramènent bien à une conception symphonique du discours musical de Wagner, objectif bien visé par ce dernier.

Yaël Hêche saisit aussi l’illustration du prélude du 2ème acte de Lohengrin pour évoquer le fait de la cohabitation de leitmotive de pressentiment (non encore exposés) qui nourrissent en quelque sorte la ‟mélodie absolue” de l’orchestre et de leitmotive de réminiscence (on sait ce qu’ils signifient car on les a déjà entendus).

Ainsi, au fil de la création musicale du compositeur, de simple accessoire de théâtre, le leitmotiv devient le matériau de son discours musical. Le leitmotiv permet ainsi à l’orchestre de participer pleinement au drame musical (à plus forte raison encore dans la situation où il apparaît d’abord dans la bouche d’un chanteur puis est repris par l’orchestre) et l’on pourrait dire que, sous cet angle, le leitmotiv est au service du concept d’art total du Maître de Bayreuth !

Mardi 20 novembre 2018

ONL 18h30

Conférence de Roger Thoumieux

« Impressionnisme et modernité : Debussy virtuose de l’orchestre »

Commémoration des 100 ans de la disparition de Claude Debussy

Invitation

Le centenaire de la mort de Debussy est l’occasion d’évoquer sa carrière qui dépasse le tournant du 20ème siècle pour se terminer à la fin de la Grande Guerre en 1918.
La présente conférence sera centrée sur les pièces maîtresses de la musique symphonique destinée au concert, excluant donc Pelléas et Mélisande et les œuvres lyriques, ainsi que la musique de ballet à une exception près et les orchestrations d’œuvres instrumentales. Comme Rameau, Berlioz ou Stravinski, on peut dire que Debussy accorde une importance particulière au son et qu’il est un des « inventeurs » de l’instrument-orchestre.
Il a déclaré son manque d’inclination pour les structures symphoniques basées sur la forme sonate, pratiquée encore par César Franck et ses disciples qui y ajoutent le principe cyclique, c’est-à-dire le retour d’un thème au travers de l’œuvre.
Et cependant, il ne les ignore pas, mais en les adaptant à la nature de son génie. Trois de ses œuvres orchestrales sont des symphonies au sens large, avec même des thèmes cycliques qui reviennent au cours des mouvements.
Sa musique suit toujours un plan tonal nettement marqué, même si le pôle ne s’en affirme pas dès le début.
Il lui arrive de recourir à des effectifs nombreux, mais il ne recherche pas les sonorités de masse ni les effets bruyants à de rares exceptions près.
Il préfère la subtilité et l’impression d’espace par le dosage des timbres et des harmonies. À cet effet, il affectionne les cordes divisées, il fait un usage judicieux des bois et des cuivres, il utilise les percussions avec délicatesse.
À l’inverse de Schoenberg, qui balaye le système tonal vieux de trois siècles et fait école, il ne vise pas à créer de toutes pièces un système nouveau et il ne vise pas à susciter des disciples. Novateur, il l’est pourtant, particulièrement à l’orchestre, en libérant la musique du carcan des anciennes formes et de l’harmonie traditionnelle, en inventant une « chimie sonore » très personnelle, selon ses propres termes. Si Ravel en est le magicien, il est quant à lui le virtuose de l’orchestre.
Après des décennies de prééminence sérielle, certains jeunes créateurs d’aujourd’hui redécouvrent, à l’exemple de Debussy, que la musique est affaire d’objets sonores, d’évocation, de sensualité autant que de rigueur.

Programme de la conférence
Compte rendu

Ce mardi 20 novembre 2018, à l’Atrium de l’Auditorium, c’est devant un parterre fourni d’une soixantaine de mélomanes que notre conférencier Roger Thoumieux  nous a exposé avec brio, comment Achille-Claude Debussy, dont nous fêtons le centenaire de la mort cette année, a magnifié l’orchestre comme un instrument à part entière dont il fut un grand virtuose.

L’exposé parfaitement centré sur les pièces maitresses de la musique symphonique de Debussy, excluant les œuvres lyriques, dont Pelléas et les œuvres instrumentales, fut ramassé en un temps record d’une heure et demie, une vraie gageure ! L’accent fut d’emblée mis sur le côté novateur du Maître, à travers la rupture avec les structures symphoniques basées sur la forme sonate, héritées du XVIIIème siècle et l’absence habituelle de l’utilisation de thèmes récurrents au cours des mouvements de l’œuvre, tout en restant dans un système tonal. Musique moderne donc, souvent intime, toujours délicate, sans effets sonores de masse ni effets bruyants. Une musique sachant manier les couleurs et donnant l’impression d’espace grâce au dosage subtil des timbres et des harmonies à travers les cordes, les bois, les cuivres et de délicates percussions.

Ainsi, il venait spontanément à l’esprit des auditeurs le rapprochement de la palette sonore du musicien avec la palette de couleurs des nombreux peintres connus par Debussy à cette époque, français, américains, anglais ou japonais : Corot, Whistler, Turner ,Hokusai, sans oublier les influences littéraires de son temps, Verlaine notamment. Il n’est donc pas étonnant que notre orateur nous ait offert au cours de sa conférence une très belle iconographie avec plusieurs  œuvres des quatre grands peintres cités plus haut, dont bien sûr des peintures de vagues et de mer pour lui qui avait rêvé d’être marin ! Très indépendant, Claude Debussy ne créa pas vraiment d’école, mais il fut dit en conclusion que « certains jeunes créateurs d’aujourd’hui redécouvrent, à l’exemple de Debussy, l’inventeur d’une « chimie sonore « très personnelle, que la musique est affaire d’objets sonores, d’évocation, de sensualité autant que de rigueur ».

Très belle conférence et félicitations du public à Roger Thoumieux. Comme d’habitude, la conférence s’est conclue autour d’un dîner convivial en présence de l’orateur et d’une vingtaine de convives.

 
Tableaux de Turner

Mardi 11 décembre 2018

ONL à 18h30

« Haydn et la symphonie »

Conférence de Sophie Miczka

Invitation
Tout ce que vous avez voulu savoir sur la naissance de l’une des formes musicales les plus importantes du répertoire. Haydn, le « Père de la symphonie » ? Pas vraiment. Levons le voile sur cette forme musicale qui a pris ses racines à l’époque baroque au sein même de l’opéra, qui a trouvé son indépendance à l’époque classique à la cour de Mannheim avant de trouver ses lettres de noblesse grâce au génie de Haydn.
Compte rendu

Comme à son habitude, c’est avec beaucoup de fougue et de passion que Sophie Gaillot- Miczka nous a conté l’aventure de la symphonie à travers le XVIIIème siècle avec un titre énigmatique : « Haydn et la Symphonie ! »

Le XVIIIème, un siècle qui a vu cette forme musicale s’individualiser au sein de la musique purement vocale, l’opéra en Italie et de ce qui fut le genre prédominant au XVIIème, le Concerto. Dans ce siècle des Lumières, en 50 ans, un seul chiffre suffit à illustrer le développement de cette forme … « 15000 » soit le nombre de symphonies répertoriées durant cette période !!

En effet, la symphonie qui pourrait apparaître pour des néophytes, comme une forme musicale de tout temps, n’a cependant pas toujours existé. Si elle n’a pas d’acte de naissance à proprement parler, cette forme musicale qui fut un temps, musique de divertissement, musique de fond ou, comme l’aurait écrit Eric Satie, une « musique d’ameublement », cette symphonie naissante gagna, au fil des décennies, en profondeur, devenant ainsi un instrument en soi au même titre que la voix , émergence lente d’un véritable langage musical, libéré de la parole et capable d’exprimer à lui seul, toute une dramaturgie avec des sentiments et des impressions. La musique pouvait alors se suffire à elle-même. L’orchestre lui-même prit de l’ampleur. Initialement et essentiellement composé de cordes avec basse continue, il s’enrichit petit à petit de vents et de bois …

Autodirigé alors du bout d’un archet ou sous les doigts d’un claveciniste, il se dota, un peu plus tard, au début du XIXème siècle, d’un chef d’orchestre !

Nombreux furent donc les compositeurs qui permirent au cours de ce siècle l’évolution de la Symphonie, jusqu’à Haydn qui, s’il n’en fut pas le créateur, apporta à celle ci ses lettres de noblesse en fixant la forme (dite « Haydnienne ») qui classiquement comporte quatre mouvements. L’école la plus représentative des débuts de cette évolution est l’école de Mannheim qui développa à partir de la sonate dans sa forme classique ce qui devint la symphonie et parmi les musiciens  la famille Stamitz en fut la plus emblématique. Pour conclure ce survol de la Symphonie au XVIIIème siècle fut aussi cité François-Joseph Gossec (1734-1820) qui fut le père de la symphonie française et sut à travers de nombreux concerts publics faire connaître dés le début du siècle faire connaître les symphonies germaniques, puis les françaises.

C’est ainsi qu’avec notre conférencière et avec une riche écoute sonore, illustrée souvent de partitions dont certains manuscrits originaux, nous avons pu suivre les mouvements ascendants et descendants de portées de notes, mêlant harmonieusement, les sons, les rythmes et les timbres des nombreux instruments, avec aussi parfois des illustrations picturales, dont celles de Charles Lebrun. C’est ainsi donc que nous avons vécu l’Odyssée de la Symphonie en une heure et demi …

Etymologie quand tu nous tiens ! Syn (avec), Phôné (voix ou son), symphonie : consonance des sons, composition instrumentale par opposition à la musique vocale.

Sophie, quand tu nous tiens …tu nous fais un « joli pied de nez », Haydn et la Symphonie, tel fut le titre de notre conférence, avec à notre grande surprise, peu d’Haydn et beaucoup de symphonie !  Là s’arrête notre aventure, notre odyssée! A travers le siècle des Lumières. Merci  madame Gaillot-Miczka.

Peinture de Joseph Vernet

2017

Mardi 10 octobre 2017

« Le style français dans la musique baroque ». Conférence donnée par Sophie Miczka.

Invitation
Au début du XVIIème siècle, une véritable exaltation  se propage autour d’un nouveau style d’écriture musicale  et  l’opéra  italien flambe comme la poudre. Mais la France  jugera ce style bizarre voire décadent, elle  fera de la résistance face à la frénésie  dans laquelle  toute l’Europe s’est engouffrée. Le style baroque, nom qui ne lui sera donné plus tard, se distingue en France bien différemment, loin de la virtuosité des castrats qui fait évanouir les foules partout ailleurs. Un baroque alla francese ?
Compte rendu
Mardi 14 novembre 2017

« Le piano en France au XXème siècle : l’exemple de Satie ». Conférence donnée par Caroline Delespaul
Morceaux de piano choisis et joués par Elisabeth Rigollet.

Invitation
Musique minimaliste, mystique, ironique ou divertissante ? Il n’est rien de plus difficile que de brosser un portrait de l’œuvre pour piano de Satie.  En effet, ses créations sont aussi hétéroclites qu’insaisissables à l’image de leur créateur, personnage caméléon et énigmatique. Elles n’ont d’ailleurs cessé d’interroger les exégètes lesquels ont cherché à en découvrir les moindres secrets. Comment situer Satie dans l’histoire de la musique pour piano au XXe siècle ? Le compositeur est-il précurseur de génie ou au contraire un simple divertisseur ? A travers cette conférence illustrée musicalement par Elisabeth Rigollet, pianiste à l’ONL, nous essaierons de mieux comprendre l’œuvre de Satie qui occupe une place
particulière dans le répertoire pianistique.
Après des études de piano au CRR de Lyon, Caroline Deslepaul s’oriente vers des études de Musicologie à l’Université Lumière Lyon 2. Elle obtient en 2017 le titre de docteure en ayant soutenu une thèse intitulée « Le piano-orchestral en France entre 1835 et 1849 : une écoute de l’œuvre pianistique ». En dehors  de monde universitaire, Caroline Delespaul se consacre à la vulgarisation de sa discipline en dispensant des conférences dans différentes associations de la région lyonnaise à l’instar du Mozarteum de France et en partageant sa passion sur les ondes. Depuis septembre 2014, elle est l’une des productrices de l’émission radiophonique « l’Echappée belle en musique » sur RCF.
Après ses études au Conservatoire National Supérieur de Paris où elle obtint les premiers prix à l’unanimité de piano et musique de chambre, Elisabeth Rigollet remporta plusieurs prix internationaux qui lui permirent de jouer en soliste en France et à l’étranger. Nommée professeur de déchiffrage au CNSMD de Lyon en 1979, et après avoir gravé plusieurs disques, elle entre en 2001 à l’Orchestre National de Lyon au poste de piano solo.
Compte rendu
Nous fûmes nombreux (autour de 90 participants) à nous retrouver au sein de l’Auditorium, dans une salle Proton de la Chapelle rénovée et pleine à craquer . Deux artistes nous accueillaient, Caroline Delespaul, jeune musicologue qui a su décortiquer un personnage complexe, Erik Satie ! Pour certains un farceur musical et pour d’autres un innovateur comme semblait le juger Debussy !
Pour illustrer cette conférence autour du piano en France au XX ème siècle, bien sûr un piano mais surtout une grande pianiste soliste de l’ ONL, Elisabeth Rigollet qui a su pour notre plus grand plaisir égrainer des notes magiques à travers des oeuvres pas toujours très bien connues du « Maître Satie » !

Bref ! Une belle soirée que regretteront je pense, les absents.

Mardi 12 décembre 2017 

 » La clarinette dans la musique française ». Conférence donnée par Claire Laplace.

Morceaux de clarinette choisis et joués par François Sauzeau et Thierry  Mussotte, 1ère et 2ème clarinette ONL

Invitation
La clarinette fait partie des instruments indispensables de l’orchestre. Panorama du répertoire français d’orchestre et de musique de chambre, avec la complicité de François Sauzeau, clarinettiste solo de l’ONL. Nous découvrirons l’organologie de cette famille d’instruments, grâce à la présentation d’instruments historiques de différentes factures.

Si l’histoire de la clarinette commence en France avec Rameau, premier jalon d’un parcours long de plus de 250 ans, elle est particulièrement marquée près d’un siècle plus tard par la figure de Berlioz. Avec lui nous évoquerons la caractérisation musicale de la clarinette, et son rôle dans l’orchestre, grâce au Traité d’instrumentation, et à la célèbre Symphonie Fantastique. Avec d’autres compositeurs comme Saint-Saëns, Franck et D’Indy, nous suivrons l’évolution du répertoire au XIXe siècle, grâce au système Boehm. Le prisme de la clarinette nous amènera aussi à nous questionner sur la proximité entre Debussy et Ravel au début du XXe siècle. Nous évoquerons les influences aussi des musiques extra-européennes avec Milhaud, ainsi que l’importance de la clarinette pour Poulenc. La création contemporaine sera abordée avec une œuvre récemment créée par notre invité : le concerto pour clarinette et orchestre de Connesson.

La longue expérience de François Sauzeau dans l’orchestre et au sein de nombreux jurys nous permettra de porter un regard sur la pratique de la clarinette en France, et son évolution lors des dernières décennies.

Compte rendu
Nous connaissions tous le piano à quatre mains, mais beaucoup plus rare est la clarinette à 20 doigts ! C’est pourtant à cette superbe démonstration que la centaine d’auditeurs a pu assister hier soir, 12 décembre 2017, à l’Atrium de l’Auditorium de Lyon, dans le cadre des cycles de conférences organisés par la Société Philharmonique de Lyon.

C’est en effet avec un véritable enthousiasme qu’on été applaudis deux clarinettistes de talent, François Sauzeau (clarinette solo à l’ONL) et Thierry Mussotte (également à l’ONL) avec les commentaires experts et l’accompagnement de Claire Laplace,  musicologue et pianiste.

Cette très brillante et très vivante conférence autour de ‟La clarinette dans la musique Française”, retraçait l’évolution de la clarinette depuis son ancêtre le chalumeau jusqu’aux clarinettes contemporaines qui se déclinent, outre les basses, en 5 tonalités. Nos trois amis illustrant en direct, avec les nombreux instruments qu’ils avaient apportés pour leur démonstration, et accompagnés parfois au piano par Claire Laplace, le large panorama offert par la clarinette, depuis Rameau jusqu’à Connesson, en passant par Berlioz, Debussy, Poulenc.

Nous avons ainsi goûté à l’immense palette sonore qu’offre cet instrument devenu au fil du temps incontournable dans l’orchestre.

Ils furent très applaudis et nous les remercions une fois encore.

Cette belle soirée s’est achevée, autour d’un repas dans la bonne humeur,  en présence des vedettes du soir, repas où nous étions une bonne quarantaine au Bistrot de Bonnel.

 

Infos pratiques

A l’issue de la conférence, repas convivial organisé

Pour réserver votre participation à une conférence ou le repas : contact@sophily.fr

Horaire : 18h30 – 20h00 sauf indication contraire

Lieu : site Atrium de l’auditorium de Lyon

Accès et parking