CONFERENCES

Mardi 9 octobre 2018

Conférence Richard Wagner et le leitmotiv de Yaël Hêche

Goethe-Institut à 19h00

Accompagnement au piano d’Olivier Gleizer: « Wagner et les leitmotive »

En partenariat avec le Cercle Wagner de Lyon

Invitation

Conférence co-produite avec la Société Philharmonique de Lyon :
« Richard Wagner et le leitmotiv » par Yaël Hêche. Accompagnement au piano d’Olivier Gleizer.

Le terme « Leitmotiv » est indissociable de Richard Wagner… qui pourtant ne l’appréciait pas. Qu’ils évoquent un personnage, un objet, un élément ou encore un sentiment, les leitmotivs donnent à chaque opéra du maître son profil sonore bien particulier. Beaucoup plus qu’un simple réseau de réminiscences thématiques, ils sont au cœur même du langage musical wagnérien. Le pianiste Olivier Gleizer, membre du Cercle Richard Wagner-Lyon et le musicologue Yäel Hêche nous retraceront les origines du leitmotiv, son rôle et son développement tout au long de la carrière de Wagner, pour ainsi mieux comprendre un aspect essentiel de cette musique.

Yaël Hêche, musicologue suisse, est l’auteur du livre Richard Wagner et ses modèles français. Opéra-comique et tragédie lyrique sur le chemin du drame musical (2010). Il a collaboré au Dictionnaire encyclopédique Wagner (Actes Sud, 2010). Conférencier et auteur de nombreux articles pour des programmes de concerts et d’opéras ainsi que dans des revues musicales, il réunit aujourd’hui ses activités sous l’enseigne www.communiquerlamusique.ch. Il a été l’invité du Cercle Richard Wagner – Lyon à deux reprises, en 2015 (« Wagner et Meyerbeer »), puis en 2016 pour une conférence musicale « Autour de Wagner et Halévy »

Conférence au Goethe Institut le mardi 9 octobre à 19 heures. Arrivée conseillée vers 18h30.

Compte rendu

Voilà bien une soirée hors du commun que cette très experte conférence co-produite par le Cercle Richard Wagner de Lyon et la Société Philharmonique de Lyon dans l’écrin, parfaitement adapté pour l’occasion, du Goethe Institut. Au micro, le musicologue Yaël Hêche et, au piano, Olivier Gleizer pour illustrer son propos.

Pour Yaël Hêche, le leitmotiv qui qualifie en quelque sorte une réminiscence musicale thématique, n’est pas une spécificité wagnérienne, cette sémantique aurait déjà été utilisée pour certaines des œuvres de Liszt ou de Weber. Mais c’est l’homme de lettres, ami de Wagner, Hanz von Wolzogen qui va en quelque sorte consacrer ce terme et l’associer de manière indélébile à l’œuvre du Maître. Il publiera d’ailleurs de véritables catalogues des leitmotive (notamment pour la tétralogie puis pour Tristan et Parsifal, etc.).

Wagner, quant à lui, demeure un peu critique quant à ce travail de son ami Wolzogen, lui reprochant de ne voir dans le leitmotiv qu’une signification dramatique alors qu’il participe très activement à la construction musicale de son oeuvre.

En effet, Yaël Hêche va patiemment nous démontrer que les leitmotive n’ont pas la même acception en quelque sorte et le même dessein pour les premiers opéras que pour les derniers et, qu’au fur et à mesure, ils seront au cœur du langage musical de Wagner. Il est vrai que la conception qu’avait le compositeur du drame musical a fortement évolué au cours de sa vie.

Ainsi, dans les tout premiers opéras, comme Le Vaisseau Fantôme, le leitmotiv est davantage évocateur d’un personnage (thème du Hollandais, thème des matelots) ou d’un élément physique ou mental, on pourrait presque le qualifier d’accessoire de théâtre.

Déjà dans Lohengrin, le concept du ‟réseau thématique” prend corps avec par exemple les 4 thèmes (motif du malheur, motif d’Ortrud, motif de l’interdiction, motif d’Elsa), qui vont constituer à eux seuls toute la matière musicale du prélude du 2ème acte. Par ailleurs, notre attention est attirée par le conférencier sur le fait que les réseaux thématiques qui s’assemblent, se séparent et se recombinent avec une nouvelle organisation à chaque fois, ramènent bien à une conception symphonique du discours musical de Wagner, objectif bien visé par ce dernier.

Yaël Hêche saisit aussi l’illustration du prélude du 2ème acte de Lohengrin pour évoquer le fait de la cohabitation de leitmotive de pressentiment (non encore exposés) qui nourrissent en quelque sorte la ‟mélodie absolue” de l’orchestre et de leitmotive de réminiscence (on sait ce qu’ils signifient car on les a déjà entendus).

Ainsi, au fil de la création musicale du compositeur, de simple accessoire de théâtre, le leitmotiv devient le matériau de son discours musical. Le leitmotiv permet ainsi à l’orchestre de participer pleinement au drame musical (à plus forte raison encore dans la situation où il apparaît d’abord dans la bouche d’un chanteur puis est repris par l’orchestre) et l’on pourrait dire que, sous cet angle, le leitmotiv est au service du concept d’art total du Maître de Bayreuth !

Mardi 20 novembre 2018

ONL 18h30

Conférence de Roger Thoumieux

« Impressionnisme et modernité : Debussy virtuose de l’orchestre »

Commémoration des 100 ans de la disparition de Claude Debussy

Invitation

Le centenaire de la mort de Debussy est l’occasion d’évoquer sa carrière qui dépasse le tournant du 20ème siècle pour se terminer à la fin de la Grande Guerre en 1918.
La présente conférence sera centrée sur les pièces maîtresses de la musique symphonique destinée au concert, excluant donc Pelléas et Mélisande et les œuvres lyriques, ainsi que la musique de ballet à une exception près et les orchestrations d’œuvres instrumentales. Comme Rameau, Berlioz ou Stravinski, on peut dire que Debussy accorde une importance particulière au son et qu’il est un des « inventeurs » de l’instrument-orchestre.
Il a déclaré son manque d’inclination pour les structures symphoniques basées sur la forme sonate, pratiquée encore par César Franck et ses disciples qui y ajoutent le principe cyclique, c’est-à-dire le retour d’un thème au travers de l’œuvre.
Et cependant, il ne les ignore pas, mais en les adaptant à la nature de son génie. Trois de ses œuvres orchestrales sont des symphonies au sens large, avec même des thèmes cycliques qui reviennent au cours des mouvements.
Sa musique suit toujours un plan tonal nettement marqué, même si le pôle ne s’en affirme pas dès le début.
Il lui arrive de recourir à des effectifs nombreux, mais il ne recherche pas les sonorités de masse ni les effets bruyants à de rares exceptions près.
Il préfère la subtilité et l’impression d’espace par le dosage des timbres et des harmonies. À cet effet, il affectionne les cordes divisées, il fait un usage judicieux des bois et des cuivres, il utilise les percussions avec délicatesse.
À l’inverse de Schoenberg, qui balaye le système tonal vieux de trois siècles et fait école, il ne vise pas à créer de toutes pièces un système nouveau et il ne vise pas à susciter des disciples. Novateur, il l’est pourtant, particulièrement à l’orchestre, en libérant la musique du carcan des anciennes formes et de l’harmonie traditionnelle, en inventant une « chimie sonore » très personnelle, selon ses propres termes. Si Ravel en est le magicien, il est quant à lui le virtuose de l’orchestre.
Après des décennies de prééminence sérielle, certains jeunes créateurs d’aujourd’hui redécouvrent, à l’exemple de Debussy, que la musique est affaire d’objets sonores, d’évocation, de sensualité autant que de rigueur.

Programme de la conférence
Compte rendu

Ce mardi 20 novembre 2018, à l’Atrium de l’Auditorium, c’est devant un parterre fourni d’une soixantaine de mélomanes que notre conférencier Roger Thoumieux  nous a exposé avec brio, comment Achille-Claude Debussy, dont nous fêtons le centenaire de la mort cette année, a magnifié l’orchestre comme un instrument à part entière dont il fut un grand virtuose.

L’exposé parfaitement centré sur les pièces maitresses de la musique symphonique de Debussy, excluant les œuvres lyriques, dont Pelléas et les œuvres instrumentales, fut ramassé en un temps record d’une heure et demie, une vraie gageure ! L’accent fut d’emblée mis sur le côté novateur du Maître, à travers la rupture avec les structures symphoniques basées sur la forme sonate, héritées du XVIIIème siècle et l’absence habituelle de l’utilisation de thèmes récurrents au cours des mouvements de l’œuvre, tout en restant dans un système tonal. Musique moderne donc, souvent intime, toujours délicate, sans effets sonores de masse ni effets bruyants. Une musique sachant manier les couleurs et donnant l’impression d’espace grâce au dosage subtil des timbres et des harmonies à travers les cordes, les bois, les cuivres et de délicates percussions.

Ainsi, il venait spontanément à l’esprit des auditeurs le rapprochement de la palette sonore du musicien avec la palette de couleurs des nombreux peintres connus par Debussy à cette époque, français, américains, anglais ou japonais : Corot, Whistler, Turner ,Hokusai, sans oublier les influences littéraires de son temps, Verlaine notamment. Il n’est donc pas étonnant que notre orateur nous ait offert au cours de sa conférence une très belle iconographie avec plusieurs  œuvres des quatre grands peintres cités plus haut, dont bien sûr des peintures de vagues et de mer pour lui qui avait rêvé d’être marin ! Très indépendant, Claude Debussy ne créa pas vraiment d’école, mais il fut dit en conclusion que « certains jeunes créateurs d’aujourd’hui redécouvrent, à l’exemple de Debussy, l’inventeur d’une « chimie sonore « très personnelle, que la musique est affaire d’objets sonores, d’évocation, de sensualité autant que de rigueur ».

Très belle conférence et félicitations du public à Roger Thoumieux. Comme d’habitude, la conférence s’est conclue autour d’un dîner convivial en présence de l’orateur et d’une vingtaine de convives.

Tableaux de Turner

Mardi 11 décembre 2018

ONL à 18h30

« Haydn et la symphonie »

Conférence de Sophie Miczka

Invitation

Tout ce que vous avez voulu savoir sur la naissance de l’une des formes musicales les plus importantes du répertoire. Haydn, le « Père de la symphonie » ? Pas vraiment. Levons le voile sur cette forme musicale qui a pris ses racines à l’époque baroque au sein même de l’opéra, qui a trouvé son indépendance à l’époque classique à la cour de Mannheim avant de trouver ses lettres de noblesse grâce au génie de Haydn.

Compte rendu

Mardi 5 mars 2019

ONL à 18h30

« Hector Berlioz »

Conférence donnée par Bruno Messina

En partenariat avec le Cercle Wagner de Lyon

Invitation
Compte rendu

Mardi 9 avril 2019

ONL à 18h30

« Bach : Passion selon Saint Matthieu »

Conférence de Arnaud Brovillé

Invitation
Compte rendu

Lundi 6 mai 2019

Société de Lecture de Lyon à 15h, 39 bis rue de Marseille

« L’effervescence artistique à Lyon dans la première moitié du XXème siècle »

Conférence donnée par Michel Loude

En partenariat avec le Mozarteum de France

Invitation
Compte rendu

Mardi 14 mai 2019

ONL à 18h30

« Rencontre autour du cor »

Conférence donnée par Guillaume Tétu, cor solo à l’ONL

Invitation
Compte rendu

Vendredi 14 juin 2019

ONL à 18h30

« L’orgue : mode d’emploi »

Conférence donnée par Claire Delamarche

Invitation
Compte rendu

Infos pratiques

A l’issue de la conférence, repas convivial organisé

Pour réserver votre participation à une conférence ou le repas : contact@sophily.fr

Horaire : 18h30 – 20h00 sauf indication contraire

Lieu : site Atrium de l’auditorium de Lyon

Accès et parking