Le mardi 8 avril 2025 à 18h30 –
Compte rendu
Dans le cadre des conférences de la Société Philharmonique, nous sommes heureux d’accueillir Monsieur André Peyrègne. Chef d’orchestre, musicologue, ancien directeur du Conservatoire de Musique de Nice, conférencier, il est également l’auteur d’un livre original, divertissant et pertinent, paru récemment aux éditions DDB « Petites histoires de la Grande Musique ». C’est dans cet esprit qu’avec beaucoup d’humour André Peyrègne nous dévoile ce soir la vie trépidante de Franz Liszt (1811-1886), fougueux et perpétuel voyageur, pianiste virtuose et compositeur de génie qui s’éloignera de la vie mondaine après avoir connu amour, gloire et argent et rejoindra le tiers-ordre des frères franciscains pour devenir « l’Abbé Liszt ».
Enfant prodige, comme l’avait été Mozart, âgé de seulement 11ans, Liszt accompagné de son père Adam, sillonne toutes les grandes villes d’Europe. A l’instar du mythe des castrats il devient une véritable star déplaçant et séduisant les foules. A l’époque, la fabrique parisienne des pianos Érard faisait la renommée de la France, les innovations qu’apporte le système à double échappement révolutionnent la mécanique du piano. Le père de Liszt pressent que pour lancer la carrière de son fils il faudrait se rapprocher de Paris, ils s’y installent en 1823. Bientôt la maison Érard sponsorisera Liszt et organisera ses tournées dans toutes les grandes villes européennes. En précurseur du récital exploitant toutes les nouvelles capacités et richesses orchestrales du piano, le jeune hongrois éblouit son public, joue par cœur, interprète ses propres compositions, mais aussi ses transcriptions d’opéra ou ses paraphrases. Pour exemple ce soir, nous écoutons un extrait de sa paraphrase de l’Ouverture de Rigoletto, parfaite illustration de l’étonnante virtuosité de Franz Liszt.
Notre conférencier eut la délicatesse de mettre à l’honneur notre belle ville de Lyon : Liszt est venu jouer à Lyon à quatre reprises (en 1832, 36, 37 et 44). Nous l’ignorions tous ! Les journaux de l’époque parlent d’engouement frénétique. Liszt, ému par la révolte des canuts de 1832 et soucieux d’exprimer quelque chose de leur misère, n’avait-il pas composé une courte pièce intitulée Lyon ? Reçu au grand théâtre des Cordeliers, ancêtre de notre Opéra, dans les salons de l’Hôtel du Nord ou encore au Cercle Chenavard, ce sont des milliers de lyonnais qui, à chaque fois, se sont pressés pour l’écouter.
André Peyrègne ne s’étendra pas sur la vie amoureuse de Franz Liszt. Il citera le nom des deux femmes avec qui il partagera sa vie : la comtesse Marie d’Agoult, de 7 ans son ainée rencontrée dans les salons parisiens en 1832 , qui vivait alors séparée de son mari. Le couple illégitime sera rapidement maudit de la « bonne société ». Ils fuiront la capitale, s’installeront en Suisse à Genève, voyageront, parcourant l’Italie et partageant joies et tristesses pendant une dizaine d’années. Ils auront trois enfants : Blandine décèdera à la naissance de son premier enfant, Cosima qui épousera Richard Wagner et Daniel qui mourra à 20 ans. De 1847 à 1861 c’est avec la princesse russo-polonaise Carolyne de Sayn-Wittgenstein que Liszt partage sa vie. Divorcée, elle n’obtient pas l’annulation de son mariage. Ils vivront à Weimar puis à Rome jusqu’à ce que Liszt décide d’entrer dans les ordres, appel qu’il avait entendu dans sa prime jeunesse et auquel ses parents s’étaient fortement opposés.
Pour terminer, quelques extraits audios nous sont commentés et nous éclairent sur les particularités de l’écriture lisztienne : une musique qualifiée de pure, virtuose, descriptive. Nous entendons les miroitements de l’eau « Au bord d’une source », souvenirs de Suisse, nous saisissons la magie de la fluidité des fontaines dans les « Jeux d’eau de la Villa d’Este », évocations des Années de Pèlerinage vécues avec Marie d’Agoult. Avec un extrait du poème symphonique Mazeppa, inspirée du poème symbolique de Victor Hugo, nous vivons la fabuleuse chevauchée du cavalier Mazeppa à travers les steppes de l’Ukraine, ne serait-elle pas le reflet d’un caractère bouillonnant auquel s’assimile notre compositeur en survolant les notes de son clavier ?
C’est sur cette réflexion à la fois interrogative et humoristique, que notre conteur très applaudi, termine cette sympathique conférence.
Patrice Euvrard et Françoise Mangez
Les intervenants
André PEYREGNE est président d’honneur de la Fédération Française Artistique (regroupant les conservatoires de France), chef d’orchestre, musicologue, conférencier. Il est aussi présentateur de concerts et festivals dans les grandes salles parisiennes, à l’émission « Secrets d’histoire » (France-Télévision), aux Folles Journées de Nantes, à l’Opéra de Nice et au Philharmonique de Monte-Carlo. Chroniqueur Musique et Histoire du quotidien Nice-Matin.
Auteur des « Petites histoires de la grande musique » (Editions Desclée de Brouwer).
Inscription
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